Le pamplemousse renforce-t-il le Viagra ?
Oui, modestement : il augmente la quantité de sildénafil dans le sang, sans rendre le médicament plus efficace. Le jus de pamplemousse freine dans l'intestin l'enzyme (CYP3A4) qui élimine une partie du sildénafil avant qu'il n'atteigne la circulation. Résultat : un peu plus de médicament passe dans le sang. La notice européenne du Viagra le décrit comme un inhibiteur faible, responsable d'une augmentation modérée.
Que montre l'étude de référence ?
Dans un essai croisé chez des volontaires sains (Jetter et coll., 2002), boire du jus de pamplemousse avant le sildénafil a augmenté son exposition d'environ 23 % et a légèrement retardé le moment où il atteint son pic. L'effet variait beaucoup d'une personne à l'autre. Autrement dit : le comprimé n'agit pas plus vite, et l'érection n'est pas meilleure.
Quels sont les risques ?
Plus de sildénafil dans le sang, c'est surtout davantage d'effets indésirables : maux de tête, rougeur du visage, nez bouché, vertiges, troubles de la vision passagers et baisse de tension. Le risque compte davantage chez les personnes qui prennent déjà un traitement pour la tension ou un alpha-bloquant pour la prostate, ou qui associent le comprimé à l'alcool. Une érection qui dure plus de quatre heures impose de consulter en urgence.
Faut-il l'éviter ?
Le plus simple est de ne pas boire de jus de pamplemousse le jour où l'on prend le comprimé, et de ne jamais compter sur lui pour « renforcer » l'effet : si la dose habituelle ne suffit pas, c'est au médecin de l'ajuster. Le pomelo et l'orange amère (orange de Séville) contiennent les mêmes substances et ont le même effet ; l'orange douce et le citron, non.
Et avec les autres médicaments de l'érection ?
Le tadalafil (Cialis), le vardénafil (Levitra) et l'avanafil sont éliminés par la même enzyme : la même prudence s'applique. Les autres associations — alcool, café, boissons énergisantes, compléments — sont réunies dans Viagra et autres médicaments : les associations à risque.



