La dysfonction érectile peut-elle disparaître toute seule ?

Oui, assez souvent quand elle est légère et liée à une cause passagère — stress, fatigue, anxiété de performance, alcool, médicament, période difficile dans le couple. Elle disparaît rarement d'elle-même quand elle est due à une maladie des artères, des nerfs ou à un diabète ancien ; elle se traite alors bien, mais ne guérit pas sans action. Dans le suivi de la grande étude du Massachusetts, une part importante des hommes qui avaient un trouble léger n'en avaient plus quelques années plus tard, alors que les formes modérées et sévères persistaient le plus souvent.

Quelles causes disparaissent ?

CauseÉvolution habituelle
Stress, fatigue, surmenageamélioration quand la cause s'apaise
Anxiété de performance après un échecsouvent réversible, plus vite avec de l'aide
Alcool, cannabis, tabacamélioration à l'arrêt, plus lente pour le tabac
Médicament (antidépresseur, antihypertenseur, finastéride…)souvent réversible après adaptation par le médecin
Surpoids, sédentaritéamélioration avec la perte de poids et l'exercice
Diabète ancien, maladie vasculaire, lésion nerveuserarement spontanée ; traitement nécessaire

Est-ce que l'impuissance se guérit ?

Quand on supprime sa cause, oui. Chez des hommes obèses, un programme de perte de poids et d'activité physique a rendu une érection normale à environ un sur trois en deux ans. Un antidépresseur responsable peut être remplacé par un autre ; un traitement de la tension peut être adapté. Quand la cause ne peut pas être supprimée (diabète, séquelles de chirurgie), on parle plutôt de contrôle que de guérison : le trouble est traité à chaque rapport, ou durablement par un implant.

Et quand la cause est un diabète ?

Le diabète abîme à la fois les petites artères et les nerfs de la verge ; le trouble s'installe alors progressivement et disparaît rarement de lui-même. Un meilleur équilibre de la glycémie, l'arrêt du tabac, l'activité physique et la perte de poids peuvent toutefois l'améliorer, surtout quand le diabète est récent. Les inhibiteurs de la PDE5 sont efficaces chez une majorité d'hommes diabétiques, un peu moins que chez les autres ; les injections d'alprostadil et l'implant restent possibles en cas d'échec.

Et quand c'est un médicament ?

Si le trouble est apparu quelques semaines après le début d'un traitement (antidépresseur, traitement de la tension, de la prostate ou de la chute des cheveux), il disparaît souvent quand le médecin change de molécule ou de dose. Il ne faut jamais arrêter un traitement de soi-même.

Faut-il attendre avant de consulter ?

Un échec isolé ne justifie rien. Un trouble qui dure plus de trois mois mérite une consultation, même s'il pourrait passer : il peut révéler une hypertension, un diabète ou une maladie des artères, et l'attente entretient l'anxiété qui l'aggrave. Le traitement de la dysfonction érectile n'empêche pas une guérison naturelle : beaucoup d'hommes utilisent des médicaments comme le sildénafil (Viagra) quelques semaines, le temps de reprendre confiance, puis les arrêtent.

Comment aider l'érection à revenir naturellement ?

  • activité physique d'endurance, trois à quatre fois par semaine ;
  • exercices du périnée ;
  • arrêt du tabac, alcool modéré, pas de cannabis ;
  • sommeil suffisant, gestion du stress ;
  • parler avec sa partenaire, sortir de la logique de performance ;
  • sexothérapie quand l'anxiété domine.

Comment aider un homme qui n'arrive pas à bander ?

En dédramatisant, sans reproche ni insistance ; en privilégiant les caresses et la complicité plutôt que la pénétration ; en l'encourageant à consulter. La partenaire n'est pas responsable du trouble, mais sa réaction compte beaucoup pour l'anxiété qui l'entretient.

Quels traitements à long terme ?

Quand le trouble ne disparaît pas, plusieurs traitements à long terme existent : le tadalafil en prise quotidienne, les injections ou la crème d'alprostadil, la pompe à vide, et l'implant pénien, solution définitive en cas d'échec des autres. L'éjaculation précoce, souvent associée, se traite aussi : voir Traiter à la fois l'éjaculation précoce et la dysfonction érectile.

Sources : Travison et coll., J Urol 2007 (évolution naturelle de la dysfonction érectile, Massachusetts Male Aging Study) ; Esposito et coll., JAMA 2004 ; Association française d'urologie.