Quelles sont les options chirurgicales ?

La principale est l'implant pénien (prothèse), proposé quand les autres traitements ont échoué ou ne conviennent pas ; il permet une érection à la demande chez la quasi-totalité des hommes opérés, avec un taux de satisfaction élevé. Les chirurgies des vaisseaux sont réservées à de rares cas. La chirurgie arrive en dernier dans le traitement de la dysfonction érectile, après les médicaments par voie orale, l'alprostadil (crème ou injections intracaverneuses) et la pompe à vide.

Quels types d'implants existent ?

TypePrincipeAvantagesLimites
Gonflable en trois piècesdeux cylindres dans la verge, une pompe dans le scrotum, un réservoir dans le bas-ventreérection et repos les plus naturelschirurgie plus complexe
Gonflable en deux piècescylindres et pompe, sans réservoir séparépose plus simplerigidité et flaccidité un peu moindres
Semi-rigide (malléable)deux tiges que l'on plie vers le haut ou le bassimple, peu de piècesverge toujours ferme, moins discrète

Comment fonctionne un implant gonflable ?

Avant le rapport, on presse plusieurs fois la petite pompe placée dans le scrotum : le liquide passe du réservoir dans les cylindres, qui rendent la verge rigide. Après le rapport, une valve permet de vider les cylindres. L'implant ne change ni la sensibilité, ni l'orgasme, ni l'éjaculation ; il ne se voit pas de l'extérieur.

Comment se passe l'opération ?

Elle se fait sous anesthésie générale ou rachidienne, par une petite incision à la base de la verge ou entre la verge et le scrotum, avec une hospitalisation courte. Les rapports sont possibles après environ quatre à six semaines, une fois la cicatrisation obtenue et l'utilisation apprise avec le chirurgien.

Quels sont les risques ?

  • L'infection, rare mais sérieuse : elle impose en général de retirer l'implant. Le risque est un peu plus élevé chez les diabétiques mal équilibrés.
  • La panne mécanique, possible après plusieurs années ; l'implant peut alors être remplacé.
  • L'irréversibilité : la pose détruit une partie du tissu érectile ; en cas de retrait, les autres traitements fonctionnent mal. C'est pourquoi l'implant est proposé après les autres options.
  • Une impression de verge un peu plus courte, fréquente.

Que disent les patients ?

Dans les études, la grande majorité des hommes porteurs d'un implant et de leurs partenaires se disent satisfaits et referaient l'intervention. Les déceptions viennent surtout d'attentes irréalistes sur la longueur, d'où l'importance d'une consultation préalable détaillée.

Existe-t-il d'autres chirurgies ?

La revascularisation (pontage d'une artère de la verge) est réservée à des hommes jeunes ayant une lésion artérielle localisée après un traumatisme du bassin ou du périnée. La chirurgie des veines n'est plus recommandée, faute de résultats durables. La chirurgie de la maladie de La Peyronie (courbure) est un autre sujet. Les ondes de choc de faible intensité et les injections de plasma (PRP) ne sont pas des chirurgies ; ces nouveaux traitements restent en évaluation, comme les nouveaux médicaments à l'étude.

Est-ce pris en charge ?

En France, les implants péniens figurent sur la liste des dispositifs remboursables, et l'intervention est prise en charge comme un acte chirurgical lorsque l'indication est posée par un urologue. Un éventuel dépassement d'honoraires dépend du praticien et de l'établissement ; il est utile de le demander avant.

Pour revoir toutes les étapes avant la chirurgie : Les options de traitement de la dysfonction érectile, dont L'alprostadil par voie urétrale.

Sources : Association européenne d'urologie (EAU) et Association française d'urologie, recommandations sur la dysfonction érectile et les implants péniens ; liste des produits et prestations remboursables.