La thyroïde peut-elle provoquer des troubles de l'érection ?

Oui : une thyroïde qui fonctionne trop peu (hypothyroïdie) ou trop (hyperthyroïdie) peut diminuer le désir et provoquer un dysfonctionnement érectile ; dans une étude italienne, ces troubles étaient fréquents chez les hommes atteints, et s'amélioraient nettement une fois la thyroïde normalisée. Les médicaments de la thyroïde bien dosés, comme la lévothyroxine, ne provoquent pas de trouble de l'érection : c'est le déséquilibre hormonal qui en est responsable.

Hypothyroïdie : que se passe-t-il ?

Le ralentissement de la thyroïde entraîne fatigue, frilosité, prise de poids, constipation, humeur dépressive. Sur le plan sexuel : baisse du désir, troubles de l'érection, éjaculation retardée. L'hypothyroïdie peut aussi faire baisser la testostérone libre. Le traitement par lévothyroxine, ajusté sur les prises de sang (TSH), corrige ces troubles chez la plupart des hommes en quelques semaines à quelques mois.

Et l'hyperthyroïdie ?

L'excès d'hormones thyroïdiennes accélère tout : palpitations, nervosité, amaigrissement, tremblements, transpiration, troubles du sommeil. Il est associé surtout à l'éjaculation précoce, et parfois à des troubles de l'érection et à une baisse du désir. Ils régressent en général avec le traitement de l'hyperthyroïdie.

Quels sont les signes d'une thyroïde déréglée ?

HypothyroïdieHyperthyroïdie
fatigue, lenteurnervosité, agitation
prise de poidsperte de poids
frilosité, peau sèchechaleur, transpiration
constipationselles fréquentes
baisse du désir, érection difficilepalpitations, éjaculation rapide

Une simple prise de sang (TSH) permet de vérifier la thyroïde ; elle fait souvent partie du bilan d'une baisse du désir.

Quels médicaments peuvent provoquer des troubles de l'érection ?

  • Antidépresseurs, surtout ceux qui agissent sur la sérotonine (baisse du désir, retard d'éjaculation, troubles de l'érection).
  • Traitements de la tension : diurétiques thiazidiques, anciens bêtabloquants ; les sartans et les inhibiteurs calciques sont mieux tolérés.
  • Antipsychotiques, certains antiépileptiques.
  • Finastéride et dutastéride (prostate, chute des cheveux), chez une partie des hommes.
  • Opioïdes au long cours, traitements hormonaux du cancer de la prostate.
  • Corticoïdes à forte dose prolongée, de façon indirecte.

Que faire si un médicament est en cause ?

Ne jamais l'arrêter seul : un antidépresseur, un traitement de la tension ou de la thyroïde arrêté brutalement peut avoir des conséquences graves. En parler au médecin, qui peut adapter la dose, changer de molécule ou ajouter un traitement de l'érection dans le cadre d'un plan de traitement global. Les inhibiteurs de la PDE5 sont compatibles avec la plupart de ces médicaments (à l'exception des dérivés nitrés et du riociguat).

Sources : Carani et coll., J Clin Endocrinol Metab 2005 ; résumés des caractéristiques des produits (ANSM) ; Association française d'urologie ; Société française d'endocrinologie.