Le stress post-traumatique peut-il provoquer des troubles de l'érection ?
Oui. Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) s'accompagne très souvent de difficultés sexuelles : baisse du désir, troubles de l'érection, difficultés d'éjaculation, évitement de l'intimité. Ces troubles viennent à la fois de l'état d'alerte permanent, de la dépression qui l'accompagne souvent, des souvenirs traumatiques et de certains traitements. Ils sont fréquents chez les anciens militaires, les victimes de violences (dont les violences sexuelles), d'accidents ou d'attentats.
Qu'est-ce que le TSPT ?
Il peut apparaître après un événement où la personne a été exposée à la mort, à une blessure grave ou à une violence sexuelle. Il associe :
- des reviviscences : souvenirs intrusifs, cauchemars, flash-backs ;
- un évitement de ce qui rappelle l'événement ;
- une hypervigilance : sursauts, irritabilité, troubles du sommeil, difficultés de concentration ;
- des altérations de l'humeur et des pensées : culpabilité, honte, détachement, perte d'intérêt.
On parle de TSPT quand ces symptômes durent plus d'un mois et perturbent la vie quotidienne. Sans traitement, il peut durer des années.
Pourquoi l'érection est-elle touchée ?
L'hypervigilance maintient l'organisme en état d'alerte, avec un excès d'adrénaline qui s'oppose à l'érection. L'intimité, le contact physique ou certaines sensations peuvent rappeler le traumatisme et déclencher une peur ou une dissociation (impression d'être « absent » de son corps). La dépression, l'alcool, le manque de sommeil et les antidépresseurs agissant sur la sérotonine ajoutent leurs effets. Certains hommes redoutent aussi de perdre le contrôle, ou de ne pas pouvoir durer plus longtemps au lit, ce qui entretient l'anxiété.
Quels traitements ?
- Traiter le TSPT lui-même : les thérapies cognitivo-comportementales centrées sur le trauma et l'EMDR sont les traitements recommandés ; ils réduisent l'hypervigilance et, souvent, les troubles sexuels.
- Une sexothérapie, adaptée au traumatisme, de préférence avec un thérapeute formé : elle peut s'avérer particulièrement efficace quand l'anxiété autour de l'intimité domine.
- Adapter les médicaments : un antidépresseur qui pèse sur la sexualité peut parfois être ajusté par le médecin.
- Un traitement de l'érection : des médicaments comme le Viagra (sildénafil) ou le Cialis (tadalafil) sont souvent efficaces et compatibles avec les traitements du TSPT, après avis médical.
Où trouver de l'aide ?
Le médecin traitant est le premier interlocuteur ; il peut orienter vers un psychiatre, un psychologue formé au psychotraumatisme, ou un centre spécialisé (centres régionaux du psychotraumatisme). Les anciens militaires disposent de structures dédiées. Les troubles de l'érection ne doivent pas être tus : ils font partie des conséquences reconnues du trauma, et leur prise en charge améliore la qualité de vie et la relation de couple. Certains traitements, comme les benzodiazépines, peuvent aussi jouer ; voir Le lorazépam provoque-t-il des troubles de l'érection ?
Sources : Haute Autorité de santé (prise en charge du trouble de stress post-traumatique) ; classifications CIM-11 et DSM-5 ; Centre national de ressources et de résilience (CN2R).



