La dysfonction érectile est-elle fréquente ?

Oui, très : en France, environ un homme sur trois de plus de 40 ans est concerné à un degré ou à un autre, et une estimation mondiale dépassait déjà 150 millions d'hommes au milieu des années 1990. L'impuissance, terme ancien de la dysfonction érectile, est l'un des troubles de santé masculine les plus courants, et l'un des moins déclarés.

Combien d'hommes dans le monde ?

Une estimation publiée en 1999 évaluait à environ 152 millions le nombre d'hommes concernés en 1995, et projetait plus de 320 millions de cas en 2025, du fait du vieillissement de la population et de la progression du diabète et des maladies cardiovasculaires. Ces projections sont approximatives, mais elles donnent un ordre de grandeur : le trouble concerne plusieurs centaines de millions d'hommes.

Comment la fréquence varie-t-elle selon l'âge ?

Chez les hommes âgés de 40 à 70 ans, l'étude de référence du Massachusetts retrouvait un trouble au moins léger chez un homme sur deux. L'enquête américaine NHANES l'estimait à environ 5 % des hommes entre 20 et 39 ans, et à environ 70 % après 70 ans ; même entre 20 et 29 ans, le trouble n'est pas exceptionnel. Les hommes de moins de 40 ans représentent pourtant une part non négligeable de ceux qui consultent : un sur quatre dans une série italienne.

Qui est le plus exposé ?

  • les hommes ayant des maladies cardiaques et le diabète : le diabète multiplie environ par trois le risque ;
  • les hommes hypertendus, en surpoids ou ayant trop de cholestérol ;
  • les fumeurs et les grands consommateurs d'alcool ;
  • les hommes traités ou opérés pour la prostate ;
  • les hommes déprimés ou anxieux : le stress et l'anxiété font partie des causes les plus fréquentes chez les plus jeunes.

Pourquoi ces chiffres sont-ils sous-estimés ?

Parce que beaucoup d'hommes n'en parlent jamais, ni à leur partenaire ni à leur médecin, et que les médecins posent rarement la question. Les études reposent sur des questionnaires, avec des définitions variables : une gêne occasionnelle n'est pas une impossibilité durable. Les chiffres doivent donc être lus comme des ordres de grandeur.

Est-ce grave de ne pas bander ?

Un échec ponctuel ne l'est pas. Un trouble qui dure n'est pas grave en soi, mais il peut être le signe d'une maladie des artères, d'un diabète ou d'une dépression, et il pèse sur la qualité de vie et le couple. Il se traite : par des modifications du mode de vie (activité physique, arrêt du tabac, perte de poids), par les inhibiteurs de la PDE5 comme le sildénafil ou le tadalafil, efficaces chez la majorité des hommes, puis par des traitements locaux si nécessaire.

Sources : Association française d'urologie ; Ayta et coll., BJU Int 1999 (projection mondiale) ; Feldman et coll., Massachusetts Male Aging Study, J Urol 1994 ; Selvin et coll., Am J Med 2007 ; Capogrosso et coll., J Sex Med 2013.