Comment se sortir de l'anxiété de performance ?

En retirant l'enjeu de performance pendant un temps, en réapprenant à se concentrer sur les sensations plutôt que sur l'érection, et en traitant les pensées qui entretiennent la peur. La sexothérapie et les thérapies cognitivo-comportementales y parviennent chez la majorité des hommes, parfois avec l'aide temporaire d'un médicament. L'anxiété de performance n'est pas un défaut de virilité : c'est une réaction de peur, qui s'apprend et se désapprend.

Comment se manifeste-t-elle ?

Par des pensées avant ou pendant le rapport (« et si ça ne marche pas ? », « elle va être déçue »), une surveillance permanente de son érection, des palpitations ou une tension, une érection qui ne vient pas ou retombe, parfois une éjaculation trop rapide. Les causes sont souvent un premier échec, une pression personnelle, une nouvelle relation, un contexte de stress, ou des comparaisons irréalistes.

Qu'est-ce que la focalisation sensorielle ?

C'est un programme d'exercices à deux, décrit par Masters et Johnson et toujours utilisé en sexothérapie :

  1. pendant quelques semaines, la pénétration est « interdite », ce qui supprime l'enjeu ;
  2. chacun caresse l'autre à tour de rôle, d'abord sans toucher les zones génitales, en se concentrant sur les sensations ;
  3. les caresses s'élargissent progressivement aux zones intimes ;
  4. la pénétration n'est réintroduite qu'en fin de programme, sans obligation de résultat.

L'érection revient souvent spontanément quand elle n'est plus un examen.

Que fait une thérapie cognitivo-comportementale ?

Elle aide à repérer les pensées catastrophistes (« si j'échoue, elle va me quitter »), à les remettre en question, et à s'exposer progressivement aux situations redoutées. Les techniques de pleine conscience complètent ce travail : ramener l'attention sur le corps et les sensations, plutôt que sur le jugement.

Un médicament peut-il aider ?

Oui, comme une béquille temporaire. Les médicaments contre la dysfonction érectile, prescrits par un médecin, rendent l'érection plus fiable et redonnent confiance. Le tadalafil, actif jusqu'à 36 heures, est souvent choisi parce qu'il évite de « programmer » le rapport. L'objectif est de les diminuer puis de les arrêter une fois les succès revenus. Les anxiolytiques sont rarement utiles et peuvent diminuer le désir ; pour l'un d'eux, voir Le lorazépam et l'érection.

Que faire concrètement dès maintenant ?

  • en parler à sa partenaire, pour qu'elle comprenne et ne prenne pas l'échec pour elle ;
  • ne pas chercher à « réussir » à tout prix : prolonger les caresses, varier les pratiques ;
  • éviter l'alcool avant les rapports, qui aggrave l'érection ;
  • dormir, bouger, réduire le stress global ;
  • consulter si le problème dure : un homme souffrant de dysfonction érectile depuis plus de quelques semaines mérite un bilan et une aide.

Sources : Association française d'urologie ; Société française de médecine sexuelle ; Haute Autorité de santé ; résumés des caractéristiques des inhibiteurs de la PDE5 (ANSM).